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Quand Hélène Mandroux sort de sa réserve

Depuis la fin de son mandat de maire en 2014, Hélène Mandroux s’est faite discrète. Très discrète. C’était sans compter sur la sortie de son livre, le 17 mai dernier, où elle nous dit tout ce qu’elle n’a pas eu le temps de dire. Rencontre.

Attablée à un café qui n’ouvre plus tôt que pour elle, Hélène Mandroux prend la température de Montpellier, cette ville où elle a été maire pendant plus de 10 ans. Elle recueille patiemment les doléances des Montpelliérains, qui continuent de s’adresser à elle comme ils le faisaient jadis. Ces Montpelliérains qui, parfois même, disent la regretter. Hélène Mandroux, elle, ne regrette rien, mais a tout de même des choses à dire. « Au lendemain des municipales 2014, plusieurs personnes me conseillaient de faire un livre mais je n’étais pas prête. Ma rencontre avec Gwenaëlle Guerlavais, auteure du livre, coïncidait avec mon envie de dire les choses. Nous avons donc commencé le travail il y a un an », raconte l’ex-maire et protégée de Georges Frêche. Sa discrétion depuis la fin de son mandat, relève, selon elle, de l’élégance : « Il faut laisser le temps aux jeunes de s’installer, je n’avais aucun commentaire à faire ». Une élégance qui la pousse même à dénoncer certains dires et faits dans son livre « Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire », sans jamais nommer leurs auteurs…au risque de laisser le lecteur sur sa fin ! « On ne me fera jamais dire ce que je ne veux pas dire, faire ce que je ne veux pas faire », martèle celle qui ne manque pas de caractère.

Un morceau d’Histoire

Alors que nous dit Hélène Mandroux ? Elle nous parle de la place des femmes en politique, place jamais acquise. « Malheureusement, les comportements ne changent pas. Les salaires sont toujours inégaux et chaque 8 mars, on se dit que ce n’est pas normal. Et chaque 9 mars, on oublie déjà. Et personne ne bouge ! Si j’avais 30 ans aujourd’hui…. Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait… ». Elle nous parle de la façon dont sa profession de médecin a été pour elle, un leitmotiv dans sa carrière politique ,ou encore de son rapport avec les médias dans un chapitre intitulé Hélène Bashing. « Je respecte profondément la liberté de la presse et les journalistes mais il y a parfois des dérapages que j’ai personnellement mal vécu qui ne correspondent pas à l’éthique des journalistes » reconnaît-elle.

J’aurai aimé pouvoir faire ma liste en 2014

Elle s’explique également sur les élections de 2014 pour lesquelles elle a été écartée, sans ménagement, par le Premier Ministre en personne, Jean-Marc Ayrault. « J’ai pris congé du parti PS. J’ai payé ma carte en 2014, en 2015 et j’ai voté pour la motion B de Benoît Hamon. Mais pour 2016 je ne sais pas encore. J’aurai aimé pouvoir faire ma liste en 2014 avec des hommes et des femmes choisis personnellement», déplore-t-elle. Elle partage aussi son avis sur l’actualité politique et revient sur son combat pour le mariage pour tous. « Le mariage du tout premier couple homosexuel, Bruno et Vincent, c’est un morceau d’Histoire », ajoute Gwenaëlle Guerlavais. « J’ai fermé une vie et j’en ai démarré une autre. On en peut pas rester figer sur une fonction, une profession » conclut sans une once de nostalgie Hélène Mandroux, qui a accepté sans broncher, la fin de sa carrière politique.

“Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire”, de Gwenaëlle Guerlavais, Editions Chabot du Lez (220 pages, 18€). 

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