Retrouvez Polic Région sur Facebook Retrouvez Polic Région sur Twitter Retrouvez Polic Région sur google + Retrouvez Polic Région sur Flickr Retrouvez Polic Région sur Youtube

La droite occitane commence à se diviser : Analyse
Haute-Garonne / Législatives, le grand flou
Faisons connaissance Mr Méric ! Portrait d'un "atypique libre"
Gilles Verdez publie un brûlot politique. Interview
L'Occitanie ... En marche ? Enquête de PR

Un dirigeant suisse dresse un état du monde via des anecdotes

Suisse : Le grand argentier vaudois (ministre des finances), Pascal Broulis - Conseiller d'état du canton de Vaud - vient de publier un livre surprenant "Fragile pouvoir" (éditions Mon Village). En 150 pages, on y découvre une série d'anecdotes qui permettent de mieux saisir comment la politique fonctionne à travers la planète ... De la Suisse à Washington, de la Thaïlande à Moscou, l'auteur nous embarque dans des histoires autant graves que surprenantes. Il a pris le temps de répondre aux questions de Politic Région.

Pascal Broulis s'amuse aussi avec la politique / Photo : DR

 

Politic Région : Publier un livre politique sur la base d'anecdotes, est-ce à dire que les petites histoires écrivent la grande Histoire ? 


Pascal Broulis : L’anecdote, selon la définition qu’en donne le Larousse, est « ce petit fait curieux, cette particularité historique dont le récit peut éclairer le dessous des choses, la psychologie des hommes ». C’est en ce sens que j’ai tenté de les exploiter pour construire mon livre. Je pense que les petites histoires sont autant de facettes qui permettent de mieux saisir la façon dont se construit la grande histoire. Il ne s’agit pas de dissocier l’une de l’autre mais d’aider à la compréhension du pouvoir, et plus particulièrement du pouvoir démocratique à partir d’un kaléidoscope de faits concrets dont il est possible de tirer des enseignements généraux. 



PR : A travers cet ouvrage on traverse le monde et les systèmes politiques ... Quels sont les points communs entre tous les régimes qui existent dans l'exercice du pouvoir ? 


PB : L’exercice du pouvoir devrait toujours reposer sur une interprétation du bien commun, sa traduction dans des lois et leur application d’une façon qui favorise l’épanouissement de la collectivité et sa qualité de vie en général. Ce n’est à l’évidence pas le cas avec toutes les formes de gouvernement. Lorsque le pouvoir est détenu par un seul homme (dictature) ou un petit groupe (oligarchie), avec toutes les variantes qui peuvent exister, on n’assiste plus à une construction commune mais à la défense d’intérêts particuliers souvent au détriment du plus grand nombre. Le bon exercice du pouvoir me paraît toujours fait d’équilibres, de contrôles, de l’existence de contre-pouvoirs. C’est la richesse de la démocratie. On peut en revanche constater que les conditions de l’existence d’un État sont toujours les mêmes. Il lui faut des frontières, des forces armées pour les défendre et assurer la paix intérieure, un ensemble de lois, des moyens financiers représentés par les impôts et une monnaie. 



PR : Les questions identitaires reviennent souvent au gré des anecdotes ... Sont-elles centrales aujourd'hui dans la plupart des pays ? 


PB : Je ne crois pas qu’il puisse y avoir coexistence au sein d’un pays sans que chacun s’y reconnaisse d’une façon ou d’une autre, se sente davantage en accord qu’en opposition avec les valeurs qui ont cours là où il vit. Ce sont des constructions subtiles et lentes qui se font au cours de l’histoire. Les problèmes surgissent lorsque l’identité se fractionne, qu’elle devient un facteur de division au lieu d’être un élément de cohésion. Un gouvernement doit y être particulièrement attentif. 

 

Suisse : Dans sa conception même le fédéralisme protège efficacement de l’émergence d’une « classe politique » déconnectée de la population



PR : Comment jugez-vous la classe politique de votre pays ? 


PB : Je crois qu’on peut encore, en Suisse, éviter de parler de « classe politique » en la séparant du reste de la population. Ceux qui remplissent des mandats politiques, exécutifs ou législatifs le font au terme de parcours personnels très variés qui les ont toujours mis en prise directement avec le vécu de la collectivité, cela très souvent d’abord dans les communes, puis dans les cantons, enfin à l’échelon national (Confédération). Je rappelle que la Suisse est faite de 26 cantons dont le plus petit compte 16 000 habitants alors que d’autres comme mon canton de Vaud et ses 780 000 habitants sont plus vastes que des États de l’UE. Dans sa conception même le fédéralisme protège efficacement de l’émergence d’une « classe politique » déconnectée de la population. 



PR : Suivez-vous la campagne présidentielle française ? 


PB : Oui, bien sûr. 

 

 

 

Des anecdotes qui éclairent 

 

 

Voici un essai surprenant venu de Suisse, qui sur la base d'une série d'anecdotes souhaite vulgariser la chose publique. Un exercice périlleux, ambitieux, mais en l'occurence réussi. Avec humour Pascal Broulis se permet même de traiter de sujets graves et sensibles, à l'instar de la montée de l'islamisme, avec la petite histoire "Sex toys islamistes" : "(...) Un djihadiste muni du pavillon de l'Etat islamique s'est glissé dans la gay pride de Londres." Notons également l'anecdote "Un chat en tête des sondages" qui en dit long sur l'état de la démocratie en Russie ... Dans une ville de Sibérie les habitants ont placé un chat en tête des suffrages afin de contester la corruption de leurs autorités locales ; peine perdue la loi russe ne permet pas l'éligibilité d'un animal. La petite histoire dans la grande, il s'agit donc bien de cela dans ce "Fragile pouvoir" que nous vous conseillons vivement. Un voyage à travers le monde décoiffant qui nous permet de regarder la politique avec un autre regard ... Amusé mais inquiet.

 

"Fragile pouvoir" de Pascal Broulis (ed. Mon Village)

 

 

 

 


 

POUR LIRE LA SUITE DE CET ARTICLE, IDENTIFIEZ-VOUS OU CRÉEZ UN COMPTE :

ARTICLE RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
POUR LIRE CET ARTICLE :

Je m’identifie

Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Je m’abonne

Consultez nos offres d’abonnement, 
à partir de 9€/an.

VOUS POUVEZ AUSSI ACHETER LE MAGAZINE CONTENANT CET ARTICLE ICI

 

Aboonement 100% numérique