[Toulouse] Serge Didier rejoint les rangs Bleu Marine

Publié le 09 septembre 2016 |

Thomas SIMONIAN – Directeur de la rédaction | @tsimonian

L’avocat toulousain Serge Didier, figure historique du clan des Baudisiens, passe un cap dans sa relation avec le Front National. L’annonce risque de « bousculer » la droite toulousaine; pourtant depuis plusieurs années les indices allaient tous dans le même sens … Et au final, cette indiscrétion ne surprendra pas grand monde dans le microcosme. En revanche, elle en dit beaucoup sur la mutation opérée et pensée par Marine Le Pen et consorts.

Nous nous sommes procurés le programme (qui circule en interne) des « Estivales » du Front national qui auront lieu les 17 et 18 septembre prochains à Fréjus (ville dont le maire est David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen). Pour les Toulousains, la surprise vient donc d’une table-ronde fixée le premier jour de ces « Universités d’été » qui n’en portent pas le nom … Le rendez-vous a lieu dans la salle plénière à 16h15 sous l’intitulé « Nation, république et nationalité ». Parmi les intervants listés : Gilbert Collard, Louis Aliot, Wallerand de Saint Just et … la nouvelle prise de guerre, Serge Didier. Une surprise qui n’en est donc pas vraiment une.

Un ralliement qui vient de loin

Serge Didier et le FN. « Je t’aime, moi non plus ». L’avocat toulousain a toujours été plus ou moins proche de cette mouvance idéologique. Dès la fac de droit ses premières armes politiques furent réalisées au sein du mouvement « Jeune Révolution », émanation du groupuscule « Occident. » Plus tard, il fera une grande partie de sa carrière politique au sein du Parti Républicain et de Démocratie Libérale, entités dite « centristes » et « libérales », mais ou nombre d’anciens d’Occident se cotoient (Gérard Longuet, Alain Madelin …) En 1982, sa rencontre avec Dominique Baudis va conditionner toute sa carrière. Les deux hommes deviennent amis. Serge Didier devient au fil du temps un pilier du système baudisien avec Jean Diebold et Françoise de Veyrinas. Il est adjoint au maire durant tous les mandats de Dominique Baudis, mais devient également Conseiller régional (en 1986) et député (de 1993 à 1997). Aujourd’hui c’est une autre amitié, là-aussi née à Toulouse, qui vient conditionner son nouveau challenge politique. Celle qui le lie depuis des années à Louis Aliot, actuel vice-président du Front national. Une rencontre avant tout professionnelle au départ, les deux hommes sont avocats ; Serge Didier a même parrainé les premiers pas du petit Louis au barreau de Toulouse. Côté politique, ils se sont même croisés il y a des années au Conseil régional … On notera d’ailleurs déjà qu’en 1998 Serge Didier s’était positionné pour un rapprochement avec le FN afin que la droite et le centre conservent la présidence de région. Jacques Chirac en avait alors décidé autrement … Depuis, le dialogue ne s’est jamais rompu entre les deux hommes. Au point que pour les dernières élections municipales à Toulouse, Louis Aliot avait proposé à son ami Serge la tête de liste. L’avocat refuse alors, préférant se concentrer sur ses activités professionnelles (Serge Laroze a donc mené finalement cette liste.) Pourtant, en coulisses Serge Didier travaille déjà politiquement pour la cause « Bleu Marine ». Il est même à la manoeuvre pour organiser le ralliement de ses anciennes collègues au Conseil municipal de Toulouse, Maïthé Carsalade et Chantal Dounot-Sobraques, aux dernières élections régionales. L’effet avait alors fait celui d’une bombe. Deux « baudisiennes » qui devenaient élues FN au sein de la nouvelle région. Dans une semaine il sera une tête d’affiche des « Estivales » du FN, avant sans doute d’imaginer d’autres combats dont celui des Législatives. Un retour aux affaires.

Lire aussi :  "Che" Bompard, le nouveau visage de la gauche

D’autres ralliements à venir ?

La liste des invités à ces « Estivales » est surprenante. On note par exemple la présence de l’économiste Jacques Sapir ou du criminologue Xavier Raufer. Une volonté donc affichée de communiquer sous le signe de l’ouverture. Mais n’est-ce pas de la pure communication ? A suivre.

Sophie Lambert
Sophie Lambert
Sophie Lambert anime les pages opinions, signatures et tribunes, avec une attention particulière portée au débat démocratique local.

En savoir plus

L’Occitanie certes en marche, mais avec des extrêmes qui s’implantent

Publié le 19 juin 2017 | Thomas SIMONIAN - Directeur de la rédaction | @tsimonian Le réveil a sonné comme d'habitude ce matin en Occitanie … Et pourtant, hier soir le paysage politique de cette terre du Sud-Ouest a bien évolué sous nos yeux. Jusqu'alors les so

Législatives : Conséquences en cascade en Occitanie

Publié le 12 juin 2017 | Thomas SIMONIAN - Directeur de la rédaction | @tsimonian Les Français ont confirmé hier le résultat de la Présidentielle, et la recomposition en cours du paysage politique. Comme s'ils avaient voulu faire écho au proverbe « Il ne faut

Sandrine Floureusses : « Une circonscription, ça ne s’hérite pas, ça se gagne »

Publié le 08 juin 2017 | Thomas SIMONIAN - Directeur de la rédaction | @tsimonian Sur cette 5e circonscription de la Haute-Garonne qu'elle connaît si bien pour y être née, y avoir grandi et bâti sa vie personnelle et professionnelle et pour y creuser avec appl

Laisser un commentaire